Quelques lignes

Un ilôt de textes.

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Dimanche, mai 30th, 2010

Il y a un moment étonnant dans la vie, celui où l’on réalise qu’on avait tout faux, qu’on s’est planté sur toute la ligne. C’est un moment d’une intense vérité, on est un peu gêné mais soulagé, on se dit qu’on va de l’avant, qu’on a progressé.

Et puis quoi ? Et puis rien. Avoir identifié un problème n’efface pas la responsabilité de trouver une solution. Oui ma vérité était biaisée, mais elle était là, douce, confortable, je pouvais la montrer en société, l’habiller de quelques accessoires. J’étais très fier de l’avoir trouvée.

Elle s’est envolée, et je ne me retrouve bien nu. Il faut tout recommencer, modestement.

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Mardi, mai 18th, 2010

Fort de mes enseignements judéo-chrétiens, je sais accepter le bon et le mauvais, tendre la joue, accepter la dualité du bonheur et du malheur. Je sais que ma vie sera parsemée de jolies choses et de passages difficiles. Je me dois de les accepter, de relativiser, car le prochain virage n’est jamais bien loin.

Mais qui a décidé que le Ying n’existait pas sans le Yang ? Qui a décidé que j’étais à jamais destiné à répéter le même schéma, les mêmes erreurs que mes aïeux. Quand bien même, n’ai-je pas le droit de rêver moi aussi ? D’être candide et de penser que j’ai le droit à ma fin cinématographique. Sans larmes, sans concessions, sans cicatrices.

Décidez-vous, vous ne pouvez pas prôner l’évolution de la société vers un mieux et l’éternel recommencement de la vie. La poursuite du bonheur et l’équilibre général des choses. A s’enfermer dans cette dualité, j’en viens à me demander si mon bonheur ne nécessite pas un malheur équivalent, autre part.

Ce schéma me déplait, alors je le décrète unilatéralement caduc. J’assume le fait d’être seul responsable de mon bonheur. Je serai donc mon plus grand allié et mon plus grand ennemi en cas d’échec. Vous êtes indispensables à mon équilibre et à ma progression, mais cette petite boule qui fait de moi un homme heureux, c’est à moi de la gagner, à moi de la mériter.

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Lundi, mai 17th, 2010

En quelques minutes, hors du temps, il s’est refait une santé. Il s’était longuement planté mais tout a repoussé. Aujourd’hui, après quelques mois à becter, à déraper, quasi-déraciné, c’est à nouveau un mec équilibré. Alors il sort son épée de bois et commence à décapiter ces fantômes qui le poursuivaient. Un coup pour la peur panique, un coup pour le chemin mal dessiné. Il a perdu ses tics, mais il a gagné une ligne d’horizon en pointillé. C’est beau les pointillés, on dirait des points de suspensions, en suspension. Il picore les possibilités, il dévore le disponible, parfois l’inaccessible. Il ose se perdre, forcer le trait, abuser de ses faiblesses, et puis remonter, repartir, redémarrer. Se réinventer.

Pourtant on sait qu’il a tout faux, qu’il n’a encore rien compris et qu’à coup de chimères il a réussi à se cloitrer. Il est passé chez les fous, et il y est resté. Il m’observe d’un regard apaisé et mon œil de narrateur ne parvient pas à percer sa carapace de secrets. Je ne sais toujours pas s’il a raison contre tous, si sa vérité peut être la mienne. Alors je le laisse repartir comme un ovni dans ma vie, je déchire son existence de papier, et je me lave les mains et l’esprit des quelques traces qu’il a laissées. Je pense qu’il reviendra un jour si jamais c’est moi qui me suis planté. J’espère ce jour pouvoir le dévisager et absorber quelques bribes de sa pensée.

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Jeudi, mars 11th, 2010

Vous êtes flou, torturé. Malgré tous mes efforts, je ne vous comprends pas, et je fais des erreurs. Vous m’avez collé deux étiquettes, infâme calculateur et beau parleur fuyant. Je n’ai jamais pu gagner car vous êtes le seul jury.

J’ai essayé pourtant, j’ai essayé de prendre mes responsabilités, de vous confronter, d’assumer mes positions et de les décortiquer. Alors que je m’offrais complet et sans défenses, votre égo n’a pas tenu. Vous vous êtes senti petits et menacés, aucune de mes paroles ne pouvait vous apaiser. J’ai tenté de me défiler, de vous laisser en paix, je vous ai permis de me maudire tranquillement, sans chercher à rester blanc. Vous en avez profité et tous les maux de la terre sont tombés sur mes frêles épaules.

L’empathie ne suffit pas, je ne peux pas vous forcer à accepter, à regarder les choses en face et à avancer. Créateur, destructeur et réparateur, voilà trop de rôles pour un seul homme. Seul le temps à cette licence. Je tenterai de faire mieux mais je ne vous infantiliserai pas. Nous sommes des hommes pas des enfants, nous avons les jambes stables et les épaules solides.

Un mot cependant sur les réponses faciles, sur les raccourcis sournois. Vous les prêcheurs de vérités à tous prix, vous détruisez les cœurs et les espoirs pour que votre reflet reste clair. Vous achetez votre innocence par cette transparence irresponsable, et je trouve cela puant.

Pou pou pidou.

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Mercredi, mars 10th, 2010

Je conspue ce « je » que j’utilise à foison. L’impossibilité qui est la mienne de sortir de mon corps et de voir la vie sous un jour nouveau me détruit. J’utilise différentes formes de discours, je me cache derrière un semblant de rationalité. La construction de ma parole vous fait oublier que c’est moi qui parle, que je fous mes tripes dans tout ça.

Je suis un, unique, entier et je ne saurai pas vous dire si cette pensée me réjouit ou me fait frémir. Comme un auteur schizophrène, tous mes personnages représentent une partie de moi-même. Je construis un château de carte mais la fondation n’en reste pas moins cette chose minuscule, ce trou de serrure qu’est mon âme.

Cette fausse rationalité est dangereuse, j’arrive à faire passer mes prises de positions pour un raisonnement développé. Il se développe sur moi, sur mes croyances, mes peurs. Tout part de là, et tout y retourne, le reste n’est que verbiage, construction hasardeuse et bancale sur des convictions.

C’est l’essence de mon être, ces convictions, ces axiomes, ces postulats que j’ai choisi ou qui m’ont été inculqués. Si je veux changer c’est là que je dois regarder, au plus profond de mes entrailles, cet endroit noir que j’ai laissé en paix pendant si longtemps.

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Mardi, février 23rd, 2010

Tu veux quelqu’un de fort pour te confier, une épaule pour larmoyer, pleurer tes craintes, une béquille pour avancer. Je plains la béquille, je plains le fou qui pense pouvoir soutenir la vie et les fantasmes de deux personnes. Je plains ceux qui ne jouent pas le jeu. Le rapport de force. Baisser les armes n’est jamais une option, mais tu peux baisser ton pantalon.

J’ai saisi les règles, cerné ton fantasme, je t’offre l’homme viril et délicat sur un plateau, et tu baisses les armes. Tu tombes dans le panneau, tu oublies toute une vie d’échecs et de ruptures pour y croire une fois de plus. On a tous perdu, baisser les armes n’est jamais une option.

Moi aussi j’y crois, nous avons tous le fantasme de l’âme sœur, hors du temps. Mais ces règles existent, nous les avons écrites, par notre inconstance, nos peurs paniques, notre condescendance. Je me cache pour voler vos armes. Sans cible, sans peine, et presque sans reproche. Pourtant, être seul, c’est le retour d’une stratégie de puissance. Je ne me suis pas dévoilé, et tu fais semblant de me connaître. Faire semblant de rire, pour faire semblant de vivre.

On peut parler, on peut essayer, qui sait peut être même que j’aurai envie d’en dire plus, que tu n’utiliseras pas cette puissance à mauvaise escient. Peut être qu’on est des gens biens et qu’on a juste peur de se casser la gueule, peur de vivre.

« Inside every cynical person, there is a disappointed idealist. » - George Carlin

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Dimanche, décembre 20th, 2009

Let’s write this one in English, just to be sure i spent my last six months with at least some american people.

The last day, the day its finally starts snowing in New York. I feel like this is a nice way to end up my journey here, a blank page to start again something new in Paris. It’s been an amazing 6 months, 2 appartments, a thousand bars, a few clubs thanks to Alison, a lost bet, but a great job experience. This was also the time when I realised it’s all about taking the right time for the things and people that matters. Life was easy and peaceful, let’s try to keep that from now on.

I don’t know how to sum all of that up, i haven’t realized i’m leaving yet and i’m waiting to take a cab to JFK. The only thing I am sure about is that New York is an amazing city, because it is full of possibilities, there is a place for everyone, and you can choose who you want to be. A friend of mine told me a few weeks before my departure that i would find art in New York, and thanks to Athena and a couple of friends, i really did.

There’s a lot of people i didn’t have a chance to say goodbye, but this is just a new page, a new chapter, not the end of the book, and there will be new adventures.

So,

Thank you Athena for who you are and all you showed me, and i’m not only talking about places.
Thank you Ivan for the great introduction to the city, i missed you though.
Thank you Lucie for being the best roomate ever.
Thank you Carole and Clemence, don’t read that line just above i was lying and i love you.
Thank you Alison for being the crazyiest party-girl ever, i wouldn’t have done that much without you.
Thank you Charles for bringing a spark of insanity to all of us.
Thank you Anna Karine for the pictures in the park.
Thank you Alienor and Marion for being only the only two girls at most of our parties.
Thank you Julie for being the best amish girl known to date.
Thank you Henri for making me feel like in Quiberon for 6 months ;)
Thank you Pol for teaching me how to drink Whisky from a bowl.
Thank you Jenn for not pawning my watch, i’ll remember it.
Thank you Flo, Jerem and Alexis for the nice lunchs and teaching me all about your school vocabulary.
Thank you Damien for the Thankgiving dinner, i’m still full from that day.
Thank you Anissa for the lapdance, and the glasses of wine i’ll remember that too.
Thank you Margaux and Alex for the one-kiss misunderstanding and the best lounge ever.
Thank you Marine for the tour of Bedford av. a bit late, but great.
Thank you Clementine and Isabelle for the flash from the past, you’ve become amazing people.
Thank you Annie, Kelly and Lindsey for making the bar 9 that fun.
Thank you Guss and Jose for all the good times at work, i’ll miss you guys.
Thank you Nick for the inspiring knowledge you gave me.
Thank you Rodney and Eleonore for being such understanding bosses.
Thank you Pryia for not kicking out too many of my stories.
Thank you Cyrielle for being one of the rare person from l’ESSEC i’m glad to see anywhere.
Thank you Mariam for the ugly sweater party, great way to end all of that.
Thank you Marisa for being so nice even when i am clearly crazy.
Thank you Julia for teaching me a bit of chinese in a close future.
Thank you Emma for being always there.
Thank you Mike and Dan for Life on Mars and all the other songs.
Thank you Aleks for Greenhouse and all the crazy places.
And thank you to all the people i haven’t mentionend but made New York that great experience.

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Mardi, décembre 1st, 2009

Créer, écrire, chanter, dessiner, c’est une soupape de sécurité pour relacher la pression, faire vomir son inconscient, se clarifier les idées, repartir sur quelque chose de sain.

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Jeudi, octobre 15th, 2009

It’s like forgetting the words to your favorite song
You can’t believe it
You were always singing along
It was so easy and the words so sweet
You can’t remember
You try to feel the beat

Samson, Eet, Laughing With, Fidelity, On the Radio, j’en ai encore plein la tete et plein les oreilles.
Un instant au dessus de la ville, deconnecte du monde. Une voix qui vous donne les yeux rouges.
Le genre de moment qui se passe de commentaires, vous sortez de la silencieux, envie d’errer un peu le nez en l’air.
Se dire que c’est pour ces belles choses qu’on est content d’etre la. On est presque fier d’etre aussi nombreux la ce soir.

pour ceux qui ne connaissent pas, ou qui veulent redecouvrir : regina spektor

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Jeudi, octobre 8th, 2009

trois jours maintenant que je n’ecoute exclusivement que de la musique classique. clairement ca fait du bien de retrouver cette ambiance, un peu hors du temps. j’ecoute du erik satie, la gnossienne n.3, le requiem de mozart, j’ai decouvert steve reich, new york counterpoint, qui resonne bien d’ailleurs avec la chanson new york i love you de lcd soundsystem (pas dans le meme registre).
la vie est drolement faite, j’ai rencontre hier soir une compositrice. elle compose des requiems et des musiques de film. elle commence a me parler d’erik satie et du minimalisme en musique classique. j’ai ecoute la symphonie n.9 en mi mineure d’antonin dvorak, et il y a plein de similutudes avec duel of the fates de john williams, la b.o de la menace fantome.