_ _ _ | | ___ ___ | |_ _ _ ___ ___ ___ ___ _ _ | | ___ | || -_|| _|| _|| | || _|| -_| |_ -|| -_|| | || || -_| |_||___||___||_| |___||_| |___| |___||___||___||_||___|
Vendredi, novembre 5th, 2010L’impression de me complaire dans une consommation idiote me fait froid dans le dos. Je suis témoin de ma propre décrépitude, sans saveur, sans forme, sans essence.
A force d’absorber en hâte des images acidulées, d’exploser mes tympans par des bruits sourds, mes yeux sont devenus vitreux, un voile sur le coeur, affalé sur mon siège.
Quelque chose de malsain se trame, je me sens m’enfoncer, devenir spectateur d’une vie sans asperités. J’en trépigne, je remue les jambes en pensant avancer, je bouge les lèvres espérant parler.
Donc je me débat en surface, j’accumule, je multiplie, et je déçois. Je suis devenu une ombre, l’excuse de moi-même, un alibi. Épuisé par une équation à trop d’inconnues, je me suis laissé éloigner des grands sujets, des belles choses. Impacter, troubler, acter, j’ai oublié la valeur de ces mots importants, préférant me déguiser en clown aux bords ronds. Quelle triste transition, quel réveil pesant dans un monde en noir et blanc. La mélancolie ne change pas, elle se complait et se meurt. Elle n’offre pas de rédemption, pas de solution, elle abruti jusqu’à ce qu’il ne reste que le souvenir d’une volonté. C’est donc à moi de chercher le tournant, quelque part dans ce dédale de pensées monotones, saisir la graine d’impulsion et la conserver au plus près.
Je suis prévenu.
