Archives de mars, 2010

ingérer ou sous-gérer

Vous êtes flou, torturé. Malgré tous mes efforts, je ne vous comprends pas, et je fais des erreurs. Vous m’avez collé deux étiquettes, infâme calculateur et beau parleur fuyant. Je n’ai jamais pu gagner car vous êtes le seul jury.

J’ai essayé pourtant, j’ai essayé de prendre mes responsabilités, de vous confronter, d’assumer mes positions et de les décortiquer. Alors que je m’offrais complet et sans défenses, votre égo n’a pas tenu. Vous vous êtes senti petits et menacés, aucune de mes paroles ne pouvait vous apaiser. J’ai tenté de me défiler, de vous laisser en paix, je vous ai permis de me maudire tranquillement, sans chercher à rester blanc. Vous en avez profité et tous les maux de la terre sont tombés sur mes frêles épaules.

L’empathie ne suffit pas, je ne peux pas vous forcer à accepter, à regarder les choses en face et à avancer. Créateur, destructeur et réparateur, voilà trop de rôles pour un seul homme. Seul le temps à cette licence. Je tenterai de faire mieux mais je ne vous infantiliserai pas. Nous sommes des hommes pas des enfants, nous avons les jambes stables et les épaules solides.

Un mot cependant sur les réponses faciles, sur les raccourcis sournois. Vous les prêcheurs de vérités à tous prix, vous détruisez les cœurs et les espoirs pour que votre reflet reste clair. Vous achetez votre innocence par cette transparence irresponsable, et je trouve cela puant.

Pou pou pidou.

pandore

Je conspue ce « je » que j’utilise à foison. L’impossibilité qui est la mienne de sortir de mon corps et de voir la vie sous un jour nouveau me détruit. J’utilise différentes formes de discours, je me cache derrière un semblant de rationalité. La construction de ma parole vous fait oublier que c’est moi qui parle, que je fous mes tripes dans tout ça.

Je suis un, unique, entier et je ne saurai pas vous dire si cette pensée me réjouit ou me fait frémir. Comme un auteur schizophrène, tous mes personnages représentent une partie de moi-même. Je construis un château de carte mais la fondation n’en reste pas moins cette chose minuscule, ce trou de serrure qu’est mon âme.

Cette fausse rationalité est dangereuse, j’arrive à faire passer mes prises de positions pour un raisonnement développé. Il se développe sur moi, sur mes croyances, mes peurs. Tout part de là, et tout y retourne, le reste n’est que verbiage, construction hasardeuse et bancale sur des convictions.

C’est l’essence de mon être, ces convictions, ces axiomes, ces postulats que j’ai choisi ou qui m’ont été inculqués. Si je veux changer c’est là que je dois regarder, au plus profond de mes entrailles, cet endroit noir que j’ai laissé en paix pendant si longtemps.